Calvaire des chiens
Artikel / contribution
„'Deux triangles inversés se faisant face par la pointe'. Emboîtements et superpositions dans Calvaire des chiens de François Bon“. In: Figurations de la ville-palimpseste. Regards et objets croisés, dir. Ursula Bähler, Peter Fröhlicher, Patrick Labarthe, Christina Vogel. Tübingen: Narr, Éditions Lendemains 26, 2012 (in Druck / à paraître).
Geht zurück auf / à l'origine: Vortrag beim Kongress des Frankoromanistenverbands (FRV) 2010, Sektion 9: Figurations de la ville palimpseste, dir. Ursula Bähler, Peter Fröhlicher, Patrick Labarthe, Christina Vogel, Universität Duisburg-Essen, 10/2010.
Abstract / résumé
Calvaire des chiens, paru en 1990, est le cinquième roman de François Bon. C'est l'histoire d'une équipe trinationale de cinéastes basés à Berlin qui, juste avant la chute du mur, se rendent à Ribandon, un village perdu des Cévennes, pour des repérages. Leur projet de film, imaginé dans la ville coupée en deux qui n'existe plus, se trouve confronté à la réalité du drame qu'ils découvrent peu à peu dans le village cévenol.
L'image des « deux triangles inversés se faisant face par la pointe », telle est l'hypothèse directrice de cette contribution, figure la double relation d'analogie et d'opposition qui s'établit non seulement entre Berlin et Ribandon ainsi qu'entre le discours narratif et ses modèles littéraires et filmiques, mais également entre l'espace urbain et le discours narratif.
D'un côté, Calvaire des chiens présente la ville de Berlin comme un espace fait à la fois d'emboîtements topographiques et de superpositions verticales et temporelles. La confrontation de cet espace urbain avec l'espace non moins complexe du village cévénois produit de nombreux effets de correspondance et d'opposition. D'un autre côté, le discours narratif se trouve rapproché de plusieurs modèles littéraires et filmiques, ce qui provoque également des effets d'analogie et de rejet. Surtout, enfin, le discours narratif qui ainsi s'élabore est marqué par le même double principe de l'emboîtement et de la stratification qui caractérise l'espace urbain. Si la ville figure et préfigure ainsi le discours narratif, c'est inversement ce discours narratif qui permettrait seul de figurer la ville.
Links & Downloads