Joanna Stalnaker: Unfinished Enlightenment
Rezension / compte rendu
Christof Schöch: "La description entre épistémologie, poétique, représentation & politique" [Joanna Stalnaker. Unfinished Enlightenment. Description in the Age of the Encyclopedia. Ithaca and London: Cornell University Press, 2010], in: Acta Fabula 12.8, 2011, http://www.fabula.org/revue/document6521.php.
Auszug / extrait
"L’idée de départ de l’ouvrage est que grâce à un certain contexte épistémologique constitué par « les pratiques descriptives de l’histoire naturelle et de l’encyclopédisme des Lumières » (p. 3), l’écriture descriptive a pu devenir au dix-huitième siècle une pratique appréciée et valorisée. Une telle influence n’est possible, précise l’auteur, qu’à l’amont d’une séparation entre les sciences et les lettres, perspective que la critique a dû reconquérir avec l’aide d’ouvrages comme celui de Brian Ogilvie et celui édité par John Bender et Michael Marrinan. [...] C’est justement parce que la description est devenue le lieu de tensions entre épistémologie et poétique qu’elle a été théorisée et pratiquée autant au dix-huitième siècle. [...]
Par conséquent, Stalnaker définit son approche comme un « dialogue interdisciplinaire autour des problèmes épistémologiques et littéraires posés par la description à l’époque de l’Encyclopédie » (p. xii), et précise que certaines questions liées à la fois au rapport au savoir caractéristique de Lumières et au statut épistémologique de la description ne peuvent pas être résolues sans une « attention permanente au langage, au style, et à la forme littéraire » (p. xii-xiii). Quoiqu’épistémologie et littérature soient ici mis au même plan, on note que les références méthodologiques et contextuelles de Stalnaker sont plus dans l’histoire des idées que dans la critique littéraire. [...]
L’ouvrage s’organise selon les genres d’écriture et les auteurs, abordant dans chaque partie un type de textes donné à travers l’analyse de plusieurs textes-clés d’un ou de deux auteurs : vient en premier l’histoire naturelle (Buffon et Daubenton, Bernardin de Saint-Pierre) ; ensuite l’encyclopédisme au sens large (Diderot aussi bien que Delille) ; enfin des textes définies comme des « topographies morales et politiques » (Mercier). Le point commun de ces textes est, d’après l’auteur, qu’ils mettent en œuvre une « expérimentation générique » (p. 7). Il convient de souligner que les textes ou passages retenus sont le plus souvent des textes programmatiques et méta-textuels, portant avant tout sur le projet d’écriture qui soutient l’ouvrage auquel ils appartiennent et sur la place de la description dans ce projet."
Links & Downloads
- Rezension von , in Journal of Modern History 83.4, 2011: http://www.jstor.org/stable/10.1086/662311.
- Rezension von Jeff Loveland, in Isis 102.3, 2011: http://www.jstor.org/stable/10.1086/663046.
- Rezension von Matthew W. Maguire, in H-France Review 11/106, 2011: http://www.h-france.net/vol11reviews/vol11no106Maguire.pdf.